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lunes, 6 de junio de 2011

Con Ollanta Humala, el Perú dio giro a la izquierda






Avec Ollanta Humala, le Pérou opère un virage à gauche

Avec Ollanta Humala, le Pérou opère un virage à gauche
Sur la base de résultats partiels, le candidat nationaliste de gauche, Ollanta Humala, a proclamé sa victoire à la présidentielle péruvienne. Retour sur le parcours d'un ancien militaire réputé proche du numéro un vénézuélien, Hugo Chavez.
Par Gaëlle LE ROUX (texte)

"Nous avons gagné", a proclamé, dès dimanche soir, Ollanta Humala, 49 ans, le candidat de gauche à l'élection présidentielle péruvienne. Les résultats définitifs n’ont pas encore été publiés mais des chiffres provisoires le donnent vainqueur avec 50,7 % des suffrages. En annonçant sa victoire, Ollanta Humala met fin à une bataille électorale acharnée qui l'opposait à Keiko Fujimori, 36 ans, fille aînée de l’ancien dictateur Alberto Fujimori (1990-2000) condamné à 25 ans de prison pour violation des droits de l’Homme. Le candidat de gauche succède ainsi à Alan Garcia qu’il avait affronté lors de l’élection présidentielle de 2006.

Candidat de la gauche nationaliste d’origine quechua et grand admirateur du président vénézuélien, Hugo Chavez, Ollanta Humala a dû mettre de l’eau dans son vin pour vaincre la méfiance des Péruviens. Car c’est en partie sa proximité avec le chef de file de la gauche radicale en Amérique latine qui lui avait coûté la victoire face à Alan Garcia en 2006 - Chavez incarnant un modèle de socialisme étatique extrêmement peu populaire au Pérou.

En 2011, Humala a donc pris ses distances avec le leader vénézuélien, s’est attaché tout au long de la campagne à modérer son image et à recentrer ses discours… pour se rapprocher du modèle de gauche modérée de Lula, le charismatique ex-président brésilien.

"Petit soldat de Chavez"

Il est même allé jusqu’à intégrer dans son équipe de marketing politique plusieurs membres du staff qui avait mené Lula à la présidence en 2002. Sa victoire a néanmoins été beaucoup moins éclatante que celle de son nouveau modèle. Ses amitiés présumées avec le leader vénézuélien ont donné du grain à moudre à son opposante, Keiko Fujimori, qui l’a taxé de "bon soldat d’Hugo Chavez" tout au long de la campagne. L'attaque fut plutôt efficace : ces derniers mois, chaque sondage favorable au candidat de gauche entraînait une chute de la Bourse de Lima.

Des soubresauts qui témoignent de l'inquiétude des marchés. "Il ne s'agit plus seulement de convaincre les Péruviens, en vue d'un appui social, mais le monde économique", observait à l’AFP Luis Benavente, politologue du centre d'opinion publique de l'Université catholique de Lima. Sa volonté d’opérer une "grande transformation du pays" pour "que la croissance arrive dans tous les porte-monnaie" et ses discours passionnés contre les "pouvoirs économiques" ont, en effet, eu le don d’effrayer les investisseurs.

Pourtant, dans ce pays où plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, les promesses d’aides sociales et d’augmentations des salaires minimums d’Humala ont payé. Davantage en tout cas que celles de Keiko Fujimori, qui, face aux succès remportés par le modèle économique libéral depuis dix ans, s’était engagée à le préserver.

Opposant historique au clan Fujimori

À l’instar de sa rivale, Ollanta Humala n’a pas hésité à jouer sur la peur, en brandissant le spectre d’un retour au pouvoir du clan Fujimori. Il s’est attaché à rappeler minutieusement les exactions du père de Keiko, le dictateur Alberto Fujimori, instigateur de massacres et de disparitions dans les années 1990 – les historiens estiment à 13 000 le nombre de personnes disparues pendant les dix ans du règne d’Alberto Fujimori. "Nous avons déjà vécu ce que propose l'autre camp. Nous avons connu la dictature des années 1990", a notamment lâché Humala à la fin de sa campagne.

C’est d’ailleurs en se soulevant contre le dictateur que le militaire se fait connaître des Péruviens en octobre 2000. Alors lieutenant-colonel en poste près de la frontière chilienne, il mène une révolte militaire contre le régime autoritaire de Fujimori. Le soulèvement échoue, Humala atterrit en prison. Libéré quelques mois plus tard après la fuite de Fujimori vers le Japon, l’homme est accueilli en héros, puis amnistié.

Passé militaire flou

La carrière d’Ollanta ("le guerrier qui voit tout", en inca) dans l’armée, où il s’est enrôlé à l’âge de 20 ans, l’a amené à combattre la guérilla maoïste du Sentier Lumineux et le mouvement révolutionnaire Tupac Amaru, qui semaient la terreur dans le pays durant les années 1990. Une période sombre de son histoire. De lourds soupçons de crimes (torture, enlèvements et exécutions) perpétrés contre les populations civiles pèsent contre lui. Il a été acquitté par la justice, le témoin principal étant opportunément revenu sur ses déclarations. Mais plusieurs associations de défense des droits de l’Homme restent persuadées de sa culpabilité.

Parallèlement à sa carrière militaire, Humala poursuit une formation en sciences politiques à l’Université catholique de Lima, suivant les pas de son père, Isaac, professeur de marxisme-léninisme et artisan d’une idéologie de "nationalisme ethnique" prônant la revanche des Indiens et métis sur les Blancs. Il décroche une maîtrise en 2001. Sa carrière militaire l’amène jusqu’en France en 2003 où il poursuit ses études à l’Institut parisien des hautes études pour l’Amérique latine. De retour à Lima, il prend ses distances avec les opinions radicales de sa famille et consacre son entrée dans le monde politique par la formation du Parti nationaliste péruvien (PNP) en 2005.

Désormais aux commandes, Ollanta Humala doit s’attacher à redresser son pays notamment sur le plan social. Il a suscité un immense espoir pour les habitants - principalement indiens - des Andes ou de l'Amazonie, qui n’ont pas vu leurs conditions de vie s’améliorer malgré la croissance exceptionnelle affichée par le pays depuis dix ans (8,7 % en 2010). Le Pérou est considéré comme l’un des plus mauvais élèves d’Amérique latine en matière d’éducation, de développement, d’accès aux soins et à l’emploi. La tâche s’annonce ardue pour le nouveau président péruvien. Il n’a pas obtenu la majorité au Congrès et devra composer avec une opposition peu encline aux changements politiques radicaux.


Traduccion al español:

Con Ollanta Humala, el Perú dio giro a la izquierda

Sobre la base de resultados parciales, el candidato nacionalista de izquierda Ollanta Humala, ha declarado la victoria en las elecciones presidenciales en Perú. De vuelta un ex militar considerado cercano al líder venezolano, Hugo Chávez.

"Hemos ganado", proclamó, en la noche del domingo, Ollanta Humala, de 49 años, el candidato de izquierda en las elecciones presidenciales en Perú. Los resultados finales no se han publicado todavía, pero las cifras preliminares dan el ganador con el 50,7% de los votos. Al anunciar su victoria, Ollanta Humala pone fin a una amarga batalla electoral que lo enfrentó a Keiko Fujimori, de 36 años, la hija mayor del ex dictador Alberto Fujimori (1990-2000) quien fue condenado a 25 años de prisión por violar derechos humanos. El candidato de la izquierda sucede a Alan García, a quien había enfrentado durante las elecciones presidenciales de 2006.

El candidato de la izquierda nacionalista de origen quechua y gran admirador del presidente venezolano Hugo Chávez, Ollanta Humala había superado la desconfianza de los peruanos. En parte, debido a su proximidad con el líder de la izquierda radical en América Latina, y que le había costado la victoria sobre Alan García en el 2006. Chávez sostiene un modelo de socialismo de estado extremadamente impopular en el Perú.

En el 2011, Humala se habia logrado distanciarse del líder venezolano. Y ha buscado, durante toda la campaña para suavizar su imagen y volver a centrar sus discursos ... para acercarse al modelo de izquierda moderada de Lula, el carismático ex presidente Brasil.

"El pequeño soldado de Chavez"

Llegó como parte de su equipo de marketing político de los miembros del personal de varios que habían llevado a Lula a la presidencia en 2002. Su victoria, fue sin embargo mucho menos brillante que la de su nuevo modelo. Su supuesta amistad con el líder venezolano dio pie a su oponente, Keiko Fujimori, quien lo acusaba de ser un "buen soldado de Hugo Chávez" toda la campaña. El ataque fue muy efectivo: en los últimos meses, todas las encuestas favorables al candidato de la izquierda llevaron a una caída de la Bolsa de Valores de Lima. Trastornos que reflejan la preocupación de los mercados. "No es sólo convencer a los peruanos con el apoyo social, sino tambien a la economía mundial", observó a la AFP Luis Benavente, un científico político de un centro de opinión pública de la Universidad Católica de Lima. Su voluntad de hacer una "gran transformación del país" para "que el crecimiento que ocurre en cada sector" y sus apasionados discursos contra el "poder económico", han hecho, de el tener el don de asustar a los inversores.

Sin embargo, en un país donde más de un tercio de la población vive por debajo del umbral de la pobreza, las promesas de beneficios sociales y el aumento de los salarios mínimos ofrecidos por Humala. Lograron más que la propuesta de Keiko Fujimori, quien se compremetio continuar los éxitos del modelo económico liberal, logrados durante diez años.

"Rival histórico del clan Fujimori"

Al igual que su rival, Ollanta Humala no ha dudado en jugar con el miedo, blandiendo el fantasma de un retorno al poder del clan Fujimori. Trató de recordar en detalle las atrocidades del padre de Keiko, el dictador Alberto Fujimori, el instigador de las matanzas y desapariciones en la década de 1990 - estimados por los historiadores a 13.000 el número de personas que desaparecieron durante la década del reinado de Alberto Fujimori. "Ya hemos experimentado lo que el otro lado se propone. Tuvimos la dictadura de la década de 1990," Humala ha bajado notablemente en el final de su campaña.

También es el mismo, en contra del dictador militar que se dio a conocer los peruanos en octubre de 2000. A continuación, un teniente coronel estacionados cerca de la frontera con Chile, que encabezó una revuelta militar contra el régimen autoritario de Fujimori. El levantamiento fracasó, Humala fue a la cárcel. Unos meses más tarde fue la huida de Fujimori a Japón, logrando despues el hombre tener una bienvenida de héroe, y luego indultado.

"Fondo militar"

La carrera de Ollanta ("guerrero que todo lo ve" en Inca) en el ejército, donde se alistó a la edad de 20 años, lo llevó a combatir a los maoístas guerrillas de Sendero Luminoso y al Movimiento Revolucionario Tupac Amaru, que sembro el terror en el país durante la década de 1990. Un período oscuro de su historia, con profundas sospechas de delitos (tortura, ejecuciones y secuestros) perpetrados por el contra la población civil. Fue absuelto por los tribunales, el principal testigo se retractó de sus declaraciones convenientemente. Sin embargo, varios grupos de defensa de los Derechos Humanos está convencida de su culpabilidad.

En paralelo a su carrera militar, Humala sigue la formación en ciencias políticas en la Universidad Católica en Lima, siguiendo los pasos de su padre, Isaac, profesor de marxismo-leninismo y el arquitecto de una ideología del "nacionalismo étnico" defender la venganza de indios y mestizos de los blancos. Obtuvo una maestría en 2001. Su carrera militar lo llevó a Francia en 2003 donde continuó sus estudios en París, el Instituto de Estudios Avanzados para América Latina. De vuelta en Lima, se distanció de las opiniones radicales de su familia y pasa su entrada en política a través de la formación del Partido Nacionalista Peruano (PNP) en 2005.

Ahora con el control, Ollanta Humala debe centrarse en corregir el país en el ámbito social. Se ha generado una inmensa esperanza para la gente - sobre todo la India - Los Andes o el Amazonas, que no han visto mejorar sus vidas, a pesar del crecimiento excepcional demostrado por el país durante diez años (8,7% en 2010). Perú es considerado con uno de los peores niveles educativos de América Latina, en desarrollo, en el acceso a la atención de la salud y el empleo. La tarea parece desalentadora para el nuevo presidente peruano. No obtuvo la mayoría en el Congreso y debe hacer frente a una oposición renuente a los cambios políticos radicales.

Fuente: Frace24

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